Les "veilleurs", un an de "résistance" : l'article du Figaro

Le 8 Avril 2014

Les "veilleurs", un an de "résistance" : l'article du Figaro

Le quotidien revient sur l'anniversaire de la première veillée, avec un article à retrouver en ligne.

 

À l'occasion de cet anniversaire, ils se sont réunis à l'unisson mardi soir dans 75 villes françaises.

Un an après, la petite flamme de leur espérance ne s'est pas éteinte. Ce mardi soir, quelque 75 villes devaient veiller à l'unisson, pour célébrer le premier anniversaire des «veilleurs», ce mouvement né dans le sillage des manifestations contre le mariage homosexuel. Sagement assis sur des places publiques, à la lueur de bougies, un livre à la main et quelques citations de grands auteurs en tête, ils avaient choisi de réfléchir sur le thème «Culture et démocratie». «Les événements politiques ont suscité ou ressuscité chez de nombreuses personnes la prise de conscience d'une responsabilité personnelle face au délitement du sens de l'homme et la dissolution des liens sociaux, à commencer par le lien familial, explique Axel Rokvam, l'un des fondateurs. Nos veillées sont avant tout le signe d'une aspiration à davantage de justice dans une société où l'illusion prend peu à peu le pas sur la réalité.» À Paris, les «veilleurs» se sont réunis au rythme d'une fois par mois depuis avril dernier.Qui sont-ils? Des jeunes et des moins jeunes, pour la plupart catholiques, de droite, et d'un milieu plutôt intellectuel. Pas mal d'anciens scouts, qui aiment à fredonner le refrain de l'Espérance : «Reprends courage/ L'espérance est un trésor». Tous «gardiens silencieux d'un trésor que l'on veut détruire: la filiation», proclament-ils. «Nous ne sommes ni un groupe de prière ni un meeting partisan, nous n'avons ni morale ni programme à asséner, indique Gaultier, porte-parole des «veilleurs» de Lyon. Nous ne sommes pas des gardiens de musée, des conservateurs de l'ancien monde, ni même simplement des indignés. Nous sommes des amoureux de la vie.» Comme Confucius, les «veilleurs» affirment que «l'homme qui déplace une montagne commence par déplacer les petites pierres». Partis de Paris, leurs petits lumignons ont embrasé toute la France: ils sont désormais présents dans quelque 200 villes françaises et une douzaine de pays étrangers. Ils ont aussi inspiré d'autres citoyens engagés, comme les «mères veilleuses», ou ces «sentinelles» qui veillent régulièrement, debout, devant le ministère de la Justice.

Une ténacité qui intrigue

«Pourquoi s'obstiner, puisque la loi est votée ?» leur demandent parfois des passants déconcertés. «Il faut d'autant plus s'obstiner qu'elle est votée, témoigne un «veilleur» de Jérusalem. Vigilance rime désormais avec résistance.» Une ténacité qui intrigue le pouvoir. À tel point qu'il y a quelques mois la police des Yvelines pressait une jeune Russe en attente de naturalisation, Anna, d'espionner ces rassemblements… «On nous a mis des bâtons dans les roues à tous les niveaux: 104 personnes ont été arrêtées! rappelle l'un des avocats des «veilleurs». Mais 18 d'entre elles ont répliqué en portant plainte avec constitution de partie civile. Aujourd'hui, nous sommes en train de réunir les 5700 euros de frais de consignation… Une procédure pour l'histoire, afin de dénoncer la répression très forte que ce mouvement a subie, alors qu'il n'a jamais commis aucune infraction.»

Pour Henrik Lindell, auteur des Veilleurs, enquête sur une résistance (1), «le premier rôle des Veilleurs, aujourd'hui et demain, est d'être un lieu d'apaisement. Ils ont inventé une forme de résistance civique et spirituelle détonante». Un mouvement qui ferait presque envie à la gauche… «La contestation est passée à droite! s'exclame Gaël Brustier, chercheur en sciences humaines et membre du PS. L'hégémonie culturelle n'est plus à gauche.» Désormais, «les veillées se sont émancipées de la seule question de la filiation, souligne Axel, et l'ont approfondie et élargie à une plus large réflexion sur l'homme, la liberté, la justice, la vie et la mort.» Portés par «l'espérance», certains ont choisi l'engagement politique, créé des associations. «Qui aurait imaginé que la lueur d'une espérance viendrait du refus spontané d'un projet de loi présenté comme une “avancée sociétale” ? s'enthousiasme l'écrivain Denis Tillinac dans sa préface du livre Veilleurs (2). Sous d'autres formes peut-être, le printemps des âmes daté de 2013 fera éclore ici et là de quoi résister à l'acculturation et à la déprime.»

(1) Éditions Salvator.

(2) Éditions Le Centurion.

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